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Compréhension du «stress post-traumatique»

Temps de lecture: environ 3 min.
En résumé, ce qu'il faut retenir :
Une étude publiée dans la revue Sciences en février 2020 apporte de nouvelles perspectives sur le stress post-traumatique. Cette pathologie, qui peut survenir après tout type d'événement traumatisant (attentat, catastrophe, accident), se manifeste notamment par des intrusions de souvenirs et des comportements d'évitement invalidants. Le projet "Remember", lancé après les attentats du 13 novembre 2015, a permis de réviser la compréhension des mécanismes cérébraux impliqués. L'étude d'imagerie de l'Inserm démontre que les souvenirs intrusifs ne résulteraient pas uniquement d'un dysfonctionnement de l'hippocampe, mais plutôt d'une défaillance des connexions entre le cortex frontal (région de contrôle) et l'hippocampe (région des souvenirs). Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les mécanismes de régulation plutôt que les souvenirs eux-mêmes, marquant une évolution significative par rapport à l'ancienne conception psychanalytique de "névrose post-traumatique".
Sommaire :

L’imagerie cérébrale : une nouvelle étape dans la compréhension du « stress post-traumatique »

Une étude publiée dans la revue «Sciences» du 14 février 2020 vient apporter de nouveaux éléments sur la compréhension du «stress post-traumatique».
On sait que ce dernier est susceptible de se développer chez des personnes ayant été confrontées à des évènements effrayants.
On sait aussi qu’il peut survenir après tout type de traumatisme, de l’attentat à la catastrophe collective, jusqu’au « simple » accident de la circulation.

Les symptômes invalidants du traumatisme : intrusions et évitement

Ces études ont permis de modifier notre regard sur le rôle même que joue le cortex dans le mécanisme du « stress post-traumatique ». Dans la séméiologie du « stress post-traumatique », on note, entre autres, l’intrusion de souvenirs, d’images, de sensations associées au traumatisme vécu. Celles-ci peuvent bouleverser la vie quotidienne de la victime et la place parfois dans une détresse pouvant aller jusqu’à des comportements d’évitement afin de fuir toutes les situations susceptibles de lui rappeler le traumatisme…

Le projet "Remember" et les découvertes de l'étude Inserm

A la suite des attentats du 13 novembre 2015, plusieurs études interdisciplinaires - dont le projet « Remember » - ont été conduites afin de mieux comprendre ce traumatisme et améliorer la prise en charge des victimes. Ces études ont permis de modifier notre regard sur le rôle même que joue le cortex dans le mécanisme du «stress post-traumatique». Alors qu’on pensait jusqu’à présent que les souvenirs intrusifs s’expliquaient uniquement par un dysfonctionnement de la mémoire (visible particulièrement sur le plan anatomique au niveau de l’hippocampe), l’étude d’imagerie Inserm émet l’hypothèse que leur apparition serait plutôt liée à un dysfonctionnement des connections cérébrales situées entre la région de contrôle (cortex frontal) et la région des souvenirs (hippocampe).

L'abandon de la "névrose" : vers de nouvelles pistes thérapeutiques

Pour le dire autrement, la personne souffrant de « stress post-traumatique » présenterait une défaillance des mécanismes permettant de supprimer ou de réguler les régions de la mémoire lors d’une intrusion ! 
Ce constat pourrait ouvrir la voie à de nouvelles pistes de traitement. En effet, alors que la plupart des thérapies actuelles travaillent sur les souvenirs eux-mêmes, une nouvelle approche thérapeutique pourrait concerner la stimulation les mécanismes concernés, en les déconnectant des évènements traumatiques. On mesure à travers cette évolution la progression des connaissances à propos de cette pathologie singulière, à la séméiologie complexe.

L’époque est loin où le « stress post-traumatique » été considéré sous le seul angle psychanalytique sous le vocable de « névrose post-traumatique ».

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Julien DEYRES

Article rédigé par Julien DEYRES

Avocat spécialiste en Droit du dommage corporel | Qualification spécifique : Défense des victimes.
Expert en handicaps lourds et traumatismes crâniens (enfant/adulte).
Je mets mon expertise technique et mon expérience des assurances au service de votre reconstruction.

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